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Les Grands Lacs
Atlas écologique et manuel des ressources

Chapitre un - Introduction: Les Grands Lacs

Chapitre deux - Processus naturels caractérisant les Grands Lacs

Chapitre trois - Les habitants et les Grands Lacs

Chapitre quatre - Les Grands Lacs d'aujourd'hui: Sujets d'inquiétude

Chapitre cinq - Gestion conjointe des Grands Lacs

Chapitre six - Nouvelles directions pour la communauté des Grands Lacs

Glossaire
Table de conversion (mesures métriques en mesures impériales)
Bibliographie et documentation suggérée
Sources des cartes et des photographies

LES HABITANTS ET LES GRANDS LACS

Chapitre

T R O I S

 

Les autochtones ont ete les premiers a utiliser les nombreuses richesses du bassin des Grands Lacs
Les autochtones ont été les premiers à utiliser les nombreuses richesses du bassin des Grands Lacs. L'abondance du gibier, la fertilité des sols et l'abondance de l'eau ont permis très tôt le développement de la chasse, de l'agriculture vivrière et de la pêche. Les lacs et les affluents permettaient en outre le transport par canoë et cela a entraîné l'essor du commerce. (Musée royal de l'Ontario, Toronto (Ontario).)

Peuples indigènes  

Les premiers habitants du bassin des Grands Lacs sont arrivés il y a environ 10 000 ans. Ces premiers immigrants avaient traversé le pont continental qui reliait l'Asie à l'Amérique, ou avaient peut-être atteint l'Amérique du Sud après avoir parcouru l'immensité de l'océan Pacifique. Il y a 6 000 ans, les descendants de ces premiers colonisateurs utilisaient le cuivre de la rive sud du lac Supérieur, et avaient établi des communautés vivant de pêche et de chasse, dans tout le bassin des Grands Lacs.

On estime que la population de la région des Grands Lacs atteignait entre 60 000 et 117 000 habitants au XVIe siècle, époque à laquelle les Européens ont commencé à chercher un passage à travers les Grands Lacs, pour se rendre en Orient. Les peuples autochtones vivaient dans des villages très dispersés, et cultivaient le maïs, la courge, le haricot et le tabac. Ils migraient une ou deux fois en l'espace d'une génération, lorsque les ressources du secteur qu'ils avaient exploité étaient épuisées.

Début de la colonisation par les Européens

Carte de I'Quest de la Nouvelle-France, etabile par Coronelli en 1688
Carte de l'Ouest de la Nouvelle-France, établie par Coronelli en 1688 (579 GIF). Il s'agit de la première carte de l'ensemble des Grands Lacs et de l'illustration générale la plus exacte des lacs et des affluents au XVIIe siècle

Au début des années 1600, les Français avaient exploré les forêts aux alentours de la vallée du Saint-Laurent, et avaient commencé l'exploitation des animaux à fourrure de cette région. Le premier secteur des lacs que les Européens aient visité, était la baie Géorgienne qu'avaient rejointe par la rivière des Outaouais et le lac Nipissing l'explorateur Samuel de Champlain ou peut-être même Étienne Brulé, l'un des éclaireurs de Champlain, en 1615. Au sud et à l'est, les Hollandais et les Anglais ont commencé à s'établir sur le littoral est du territoire qui constitue maintenant une partie des États-Unis. Bien qu'une confédération de 5 nations indiennes ait limité la colonisation européenne à une région située à l'est des Appalaches, les Français ont réussi à s'établir dans la vallée inférieure du Saint-Laurent. Ceci leur a permis de pénétrer au coeur du continent, en suivant la rivière des Outaouais. En 1670, les Français ont construit le premier d'une chaîne de forts le long des Grands Lacs, pour protéger le commerce des fourrures près de la mission de Saint-Ignace, à l'emplacement du détroit de Mackinac. En 1673, le fort Frontenac, situé sur le site actuel de Kingston en Ontario, est devenu le premier fort des Grands Lacs inférieurs.

Pendant tout le XVIIe siècle, des fourrures de grande valeur ont été transportées jusqu'à Hochelaga (Montréal) le long de la voie navigable des Grands Lacs, mais aucune colonie européenne n'était établie de façon permanente, sauf à l'emplacement des forts Frontenac, Michilimackinac et Niagara. Après la fondation du fort Oswego par les Britanniques en 1727 sur la rive sud du lac Ontario, la colonisation a été encouragée dans les vallées Mohawk et autres, qui se trouvent sur la route des lacs. Une confrontation entre les Britanniques et les Français à propos de la possession des Grands Lacs, s'est terminée par la capture de la ville de Québec en 1759, par les troupes britanniques.

Les Britanniques sont restés en possession des Grands Lacs durant la révolution américaine, et à la fin du conflit, ces lacs sont devenus la frontière entre la nouvelle république des États-Unis et ce qu'il restait de l'Amérique du Nord britannique. Les Britanniques ont offert des terres aux loyalistes qui fuyaient les anciennes colonies de la Nouvelle-Angleterre pour se réfugier dans le Haut-Canada et le Bas-Canada, c'est-à-dire dans les régions sud des provinces actuelles de l'Ontario et du Québec respectivement. Entre 1792 et 1800, la population du Haut-Canada a augmenté de 20 000 à 60 000. Le nouveau gouvernement américain a aussi décidé à cette époque de mettre en valeur la région des Grands Lacs, avec la loi édictée par le Congrès en 1787. Cette mesure de loi couvrait tous les détails, de la vente des terres aux dispositions sur l'établissement d'un gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, région comprise entre les Grands Lacs et la rivière Ohio à l'ouest de la Pennsylvanie.

Le dernier conflit militaire pour la possession de la région des Grands Lacs a été la guerre de 1812, dont l'objectif était pour les Américains de s'emparer de la région environnant les lacs, et de la mettre en valeur. Pour les Britanniques, il s'agissait de défendre leur dernière possession impériale en Amérique du Nord. Ce fut une guerre de courte durée - de seulement deux ans - mais la dernière. Une fois terminé l'échange de coups de feu, les Américains et Britanniques ont tous deux proclamé leur victoire.

Le Canada avait survécu à l'invasion, et allait inévitablement accéder au rang de nation. Si la nouvelle nation américaine n'avait pas réussi à conquérir le Haut-Canada, elle avait par contre acquis le prestige et la confiance bien nécessaires à l'affirmation de son identité nationale. Les peuples autochtones, qui avaient participé à la guerre afin de s'assurer la possession d'un territoire qu'ils considéreraient comme leur patrie, n'ont pas reçu leur part de la victoire. Les gagnants de la guerre de 1812 sont ceux qui rêvaient de coloniser la région des Grands Lacs. C'est alors qu'a commencé de façon décisive la mise en valeur de la région, que d'un territoire sauvage splendide, presque inhabité, est devenu la résidence et le lieu de travail de millions de personnes. 

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Mise en valeur des lacs

Durant les 150 années suivantes, la mise en valeur du bassin des Grands Lacs, a été réalisée avec une grande rapidité. Les batailles qui avaient pour but de conquérir des territoires, si fréquentes à l'époque des empires et des colonies, ont fait place aux efforts d'établissement d'une nation, d'édification de villes et d'industrialisation. Les combattants de l'époque précédente ont fait place aux entrepreneurs, aux fermiers et aux travailleurs qui ont exploité les usines, travaillé le sol et fourni les services et compétences nécessaires au fonctionnement de l'économie industrielle moderne, ou sont eux-mêmes devenus des entrepreneurs, fermiers et travailleurs.

La mise en valeur de la région des Grands Lacs s'est effectué selon plusieurs lignes directrices, consistant à tirer profit des nombreuses ressources que renferme le bassin. Les cours d'eau et voies navigables sont devenus les principales avenues commerciales, exploitées aussi pour leurs ressources en poissons. Les terres fertiles, dont à l'origine les richesses étaient les animaux à fourrure et les ressources alimentaires, on t ensuite été exploitées pour leur bois, ont servi à la culture du blé, et enfin à la production d'autres ressources agricoles. Les produits fournis en vrac, tel que le minerai de fer et le charbon, ont été acheminés par les ports des Grands Lacs, et les industries de transformation se sont développées.

Agriculture 

Au 19ième siècle, pour les immigrants de la région des Grands Lacs, l'attrait le plus grand de cette région a été la possibilité d'acquérir des terres utilisables à des fins agricoles. Vers le milieu des années 1800, la majeure partie de la région des Grands Lacs où l'établissement de fermes était possible avait été colonisée. La population avait augmenté de façon spectaculaire. Il y avait environ 400 000 habitants au Michigan, 300 000 au Wisconsin et peut-être un demi-million dans le Haut-Canada.

Les canaux leur offrant de beaucoup plus grandes facilités de transport de leurs produits, les fermiers ont pu augmenter leur production au-delà du niveau de subsistance. Les premiers produits à être mis en tonneaux et expédiés à l'étranger, ont été le blé et le maïs. Les meuneries - qui constituaient l'une des premières industries de la région - ont été construites sur les tributaires qui se déversaient dans les lacs; il s'agissait de traiter le grain pour les marchés d'outre-mer.

À mesure que se développaient les populations, la production de produits laitiers et de viande destinés à la consommation locale a commencé à dominer l'agriculture dans le bassin des Grands Lacs. Les cultures spécialisées tels que les fruits, les légumes et le tabac, destinées à la population urbaine en pleine croissance, ont exigé une proportion de plus en plus importante des terres convenant à ce type de cultures.

Feuille d'information sur les
Grands Lacs no. 2

Utilisation des terres et des rives

Utilizations du sol, peches et erosion
Utilizations du sol, pêches et érosion
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La monoculture moderne en rangées fait appel dans une large mesure à des produits chimiques, dans la lutte contre les parasites et organismes pathogènes tels que les insectes, les champignons et les mauvaises herbes. Ces produits chimiques sont généralement des substances organiques synthétiques, qui finissent par aboutir dans les cours d'eau et lacs, et ont des effets délétères sur la vie animale et végétale, et qui menacent la santé humaine. On a tout d'abord identifié ce problème dans le cas du DDT, produit chimique très persistant qui tend à subsister dans l'environnement pendant un temps prolongé et subit une bioaccumulation dans toute la chaîne alimentaire. Ce produit est responsable des échecs de reproduction chez certaines espèces d'oiseaux. Depuis que l'emploi du DDT a été interdit, certaines populations d'oiseaux récupèrent en nombre. D'autres produits chimiques moins persistants ont remplacé le DDT et autres pesticides créant des nuisances, mais la contamination toxique qui résulte des pratiques agricoles continue à éveiller des inquiétudes. Les taux de DDT déclinent chez les poissons, mais malgré l'interdiction de ce produit, d'autres pesticides tels que la dieldrine continuent à subsister chez les poissons, à des taux relativement élevés.

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Des pecheurs de Port Dover, sur le lac Erie, en Ontario, remontent un chalut plein d'eperlans. La peche commerciale est prospere dans quelques lieux sur les lacs
Des pêcheurs de Port Dover, sur le lac Érié, en Ontario, remontent un chalut plein d'éperlans. La pêche commerciale est prospère dans quelques lieux sur les lacs. (Great Lakes Commission, Ann Arbor (Michigan).)

Aujourd'hui, le touladi, l'esturgeon et le cisco de lac survivent en nombre très réduit et ont été remplacés par des espèces introduites comme l'éperlan, le gaspareau, le wendigo et le saumon du Pacifique. Toutefois, les populations de certaines espèces indigènes comme la perchaude, le doré jaune et le bar blanc se sont bien rétablies. Le touladi, autrefois le prédateur dominant des lacs, ne survit en nombre suffisant pour la pêche commerciale que dans le lac Supérieur, le seul où le taux de reproduction naturelle est substantiel. Toutefois, même dans le lac Supérieur, des truites d'élevage sont introduites chaque année, de façon à éviter un déclin des populations.

Outre le touladi, le doré bleu vivant dans le lac Érié, ainsi que le saumon de l'Atlantique vivant dans le lac Ontario étaient les prédateurs dominants au large des côtes des lacs, et constituaient autrefois la base essentielle des pêches commerciales. Parmi les trois espèces, on croit que le doré bleu et le saumon du lac Ontario ont entièrement disparu. Actuellement, les saumons coho et quinnat élevés dans des bassins d'alevinage sont les prédateurs les plus abondants du sommet de la chaîne alimentaire dans les eaux du large, sauf dans la portion ouest du lac Érié, où domine le doré jaune.

Des pêches commerciales autrefois vastes, ne restent que des parcelles. Les pêches canadiennes du lac Érié restent prospères. En 1991, 750 pêcheurs canadiens ont récolté au total 23 000 tonnes (50 millions de livres), représentant une valeur au quai de 59 millions de dollars (canadiens). Pour le Canada, les pêches commerciales du lac Érié représentent presque les deux tiers de la récolte totale réalisée dans les Grands Lacs. Au Canada, tous les poissons captures commercialement font l'objet d'une inspection pour en garantir la qualité et la conformité avec la réglementation fédérale avant d'être offerts sur le marché.

Aux États-Unis, les pêches commerciales exploitent le grand corégone, l'éperlan, le cisco de fumage et le méné de lac, ainsi que le gaspareau, ce dernier pour l'alimentation des animaux. Une interdiction fédérale sur la vente des poissons touchés par les contaminants toxiques restreint ce type de pêche. Les groupes de pêcheurs sportifs, désireux de sauvegarder leurs intérêts, cherchent également à faire réduire le volume de la pêche commerciale aux États-Unis. En outre, la tendance est de réduire la pression sur la pêche, en n'autorisant pour la pêche commerciale que l'emploi de filets permettant de récolter les espèces de façon sélective et de ne pas détruire les espèces préférées des amateurs de pêche récréative.

La pêche commerciale fait face à des difficultés continuelles sur plusieurs fronts. La contamination du milieu par des produits toxiques peut obliger certaines pêcheries à fermer. En effet, notre aptitude à mesurer la présence de produits chimiques ainsi que nos connaissances sur les effets de ces produits sur la santé humaine s'améliorent.

Pêche sportive

Plusieurs facteurs ont contribué au succès de la pêche sportive. On lutte actuellement avec le succès contre la lamproie de mer, qui avait presque totalement détruit les populations de touladi, en employant des lampricides chimiques et de barrages spéciaux. Les populations de doré jaune ont récupéré en nombre dans le lac Érié, grâce à la réglementation de la pêche commerciale et aux améliorations de la qualité de l'eau. À mesure que la lamproie détruisait les prédateurs endémiques du sommet de la chaîne alimentaire, les populations de gaspareau ont très rapidement augmenté. Cette augmentation a offert à de nouveaux prédateurs comme les saumons coho et chinook, introduits dans les années 1960, époque où les populations de lamproie déclinaient, une nouvelle base alimentaire.

La pêche sportive s'est rapidement développée, les saumons du Pacifique ayant rapidement atteint une grande taille après leur introduction dans le lac Michigan. Une flotte de navires nolisés a été progressivement mise en place et, en raison d'une modeste expansion touristique, a été préparé un important programme de réintroduction du poisson, de façon à alimenter la nouvelle industrie de la pêche sportive.

Dès 1980, le projet d'introduction de poissons exotiques comme le saumon pour entretenir la pêche sportive, paraissait intéressant à tous les organismes responsables pour tous les lacs. Dans les lacs Ontario et Michigan, on a aussi fait un essai d'introduction du splake ou wendigo, hybride du touladi indigène et de la truite de ruisseau (ou mouchetée). Tous ces prédateurs s'étant reproduits difficilement ou pas du tout, on a permis à la pêche sportive de se maintenir en réintroduisant les alevins chaque année. Ironiquement, le saumon rose, petite espèce accidentellement introduite dans le lac Supérieur en 1955, a survécu et établi des populations reproductrices et fait exception à cette règle. Il s'est propagé dans les lacs Michigan et Huron, où des populations capables de se reproduire étaient déjà établies dés les années 1980.

Activités récréatives

Sports et Ioisirs
Sports et loisirs
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Les voies navigables, les cours d'eau, les rives et les forêts de la région des Grands Lacs en ont attiré plus d'un pour les activités récréatives depuis le début de l'ère industrielle. Bon nombre des activités utilitaires qui étaient si importantes aux premiers temps du peuplement et de l'aménagement industriel sont devenues avec le temps des activités de loisir. Par exemple, la navigation en bateau ou en canoë et la pêche, à l'époque des activités commerciales, sont devenues des activités récréatives.

Dans la région, les activités récréatives sont devenues un important facteur économique et social, avec l'avènement de la popularité des voyages au XIXe siècle. Sur les canaux nouvellement construits est apparue une industrie touristique prospère basée sur l'emploi de navires de plaisance qui, conjointement aux transports routiers et ferroviaires, ont attiré des gens dans la région. Les chutes du Niagara, qui attiraient les voyageurs de très loin, ont été l'un des premiers stimulants de la croissance économique basée sur l'industrie des loisirs. Plus tard, la réputation de la région des Grands Lacs inférieurs, comme étant la frontière d'un territoire sauvage resté intact, a attiré des amateurs de cures de repos et traitement miracles par les eaux thermales, dans les nombreuses stations thermales et cliniques qui ont été construites le long de la voie navigable

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De nombreux ports de plaisance ont ete crees au cours des dernieres annees, sovent au detriment des rives
De nombreux ports de plaisance ont été créés au cours des dernières années, souvent au détriment des rives. (CCEI, Burlington (Ontario).)

Au XXe siècle, davantage de gens ont eu plus de temps à leur disposition. Étant donné la croissance industrielle, le raccourcissement de la semaine de travail, et le fait qu'un plus grand nombre de personnes disposait d'un plus important revenu disponible, des gens de toutes les classes de la société ont commencé à jouir de leurs loisirs au-delà des limites de villes. De part et d'autre de la frontière, les gouvernements ont acquis des terres et commencé à mettre en place un important réseau de parcs, régions sauvages et réserves naturelles, afin de protéger les précieuses ressources locales, et de servir les besoins de la population en matière de zones récréatives. Malheureusement, à l'époque où s'est manifesté le besoin de disposer de terres accessibles au public à des fins récréatives, une grande partie des terrains du bassin, y compris la presque totalité du littoral des lacs inférieurs, avait été acquise par des particuliers. Aujourd'hui, environ 80 % du littoral américain des Grands Lacs et 20 % du littoral canadien sont occupés par des propriétés privées, et ne sont pas accessibles au public.

L'industrie des loisirs comprend les magasins d'équipements sportifs, les constructeurs de bateaux, les ports de plaisance, les centres de villégiature, les restaurants et les entreprises de services connexes qui desservent la vaste gamme d'intérêts. L'économie de nombreuses régions du bassin repose largement sur le tourisme et les revenus des activités récréatives locales, plutôt que sur les industries de fabrication. Le bassin des Grands Lacs offre en outre tout un éventail de possibilités d'activités récréatives, comme les activités sauvages dans les parcs nationaux comme celui de l'Isle Royale ou de Pukaskwa, ou les immenses plages des grands centres urbains.

Les plages de sable des lacs d'aval sont parmi les lieux les plus populaires destines aux activites estivales de loisir
Les plages de sable des lacs d'aval sont parmi les lieux les plus populaires destinés aux activités estivales de loisir. (Programme concernant les effets de la pollution des Grands Lacs sur la santé, Direction de l'hygiène du milieu, Santé Canada, Ottawa (Ontario).)

L'aménagement de plus en plus intensif des Grands Lacs à des fins récréatives a eu des résultats mixtes. D'une part un grand nombre d'activités récréatives a une incidence environnementale négative. La construction à grande échelle de groupes de maisons de campagne et chalets d'été, et l'aménagement des plages et des ports de plaisance, ont eu pour conséquence la disparition de terres humides, de dunes et de forêts. L'altération du littoral par les lotisseurs et par les particuliers ont modifié les processus d'érosion et de dépôt, souvent au détriment d'importants systèmes de plages et de terres humides qui en dépendent. Aussi, l'aménagement de zones sensibles aux inondations et à l'érosion a entraîné une forte pression publique . On insiste qu'il y ait régularisation du niveau des lacs afin d'empêcher certains changements propres aux conditions et aux processus météorologiques naturels. La pollution provenant des lieux récréatifs et des embarcations a également contribué à dégrader la qualité de l'eau.

Par ailleurs, l'usage plus poussé des Grands Lacs à des fins récréatives a porté à l'attention d'un nombre beaucoup plus grand de gens les problèmes écologiques qui en résultent. Les dommages environnementaux nuisent souvent aux usages récréatifs. Par conséquent, les gens qui désirent profiter des lacs pour le plaisir qu'ils procurent et pour leur beauté, peuvent contribuer dans une importante mesure à la défense de l'écosystème, les naturalistes, les pêcheurs et les propriétaires de chalets ont été les premiers à signaler au public les problèmes environnementaux, et à exiger le nettoyage des lacs durant les années 1950 et 1960, au cours desquelles l'eutrophisation a menacé les meilleurs sites de pêche, de baignade et d'observation de la faune. Aujourd'hui, les lacs sont encore plus appréciés et utilisés pour leur valeur récréative.

Il s'est produit, au cours des dernières années, une grande reprise de pêche récréative à mesure que les pêches de doré s'améliorent et que les nouvelles pêches de saumon prennent leur essor. En effet, le lac Ontario est actuellement privilégié par une importante pêche récréative de saumon et de truite. D'autre part, l'amélioration de la qualité de l'eau du lac Érié est combinée à une reproduction sans précédent du doré. Dans bien des endroits, notamment à Buffalo, Cleveland, Chicago et Toronto, on met l'accent sur le littoral dans le cadre de renouveaux urbains; l'accès public est un élément clé de ces projets.

Urbanisation et développement industriel

Main-d'oeuvre et structure de I'industrie
Main-d'oeuvre et structure
de l'industrie

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Dans la région des Grands Lacs, presque tous les peuplements qui ont donné naissance à des villes ont eu lieu sur des voies navigables qui permettaient le transport des personnes, des matières premières et des marchandises. Les plus grandes zones urbaines sont apparues à l'embouchure des affluents, en raison des facilités de transport, et de l'approvisionnement apparemment inépuisable en eau douce à des fins domestiques et industrielles. Depuis leur création, les principales industries de la région des Grands Lacs ont fabriqué de l'acier, du papier, des produits chimiques, des automobiles et autres produits manufacturés.

 

 

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Aux États-Unis et au Canada, une grande partie de l'industrie de l'acier est concentrée dans les Grands Lacs, parce que le minerai de fer, le charbon et le calcaire peuvent être transportés sur les lacs, des mines et des carrières jusqu'aux aciéries. Aux États-Unis, le minerai est transporté des mines proches du lac Supérieur aux aciéries, à l'extrémité sud du lac Michigan et à Détroit, Cleveland et Lorain dans le bassin du lac Érié. Au Canada, le minerai de la région des Grands Lacs supérieurs est traité dans des aciéries de Sault-Ste-Marie, de Hamilton et de Nanticoke.

La ville de Chicago, sur le lac Michigan, est la plus grande zone urbaine des lacs
La ville de Chicago, sur le lac Michigan, est la plus grande zone urbaine des lacs. (Peter J. Schultz, Chicago (Illinois).)

Toronto, sur le lac Ontario, est la plus grande ville canadienne des lacs
Toronto, sur le lac Ontario, est la plus grande ville canadienne des lacs. (Metropolitan Toronto Convention and Visitors Association, Toronto (Ontario).)

Aux États-Unis, l'industrie de fabrication du papier se trouve principalement sur les Grands Lacs supérieurs, et les plus grandes usines de pâtes et papiers sont concentrées le long de la rivière Fox qui alimente la baie Green sur le lac Michigan. Au Canada, les usines de pâtes et papiers sont situées le long du canal Welland et des Grands Lacs supérieurs. Des industries chimiques sont apparues des deux côtés de la rivière Niagara, en raison de l'approvisionnement peu coûteux en électricité. Il existe d'autres importantes concentrations d'industries chimiques près de la baie Saginaw sur le lac Huron, et à Sarnia en Ontario sur la rivière Sainte-Claire, en raison de l'existence d'importants gîtes de sel et de l'abondance d'eau.

Toutes ces activités industrielles ont pour conséquence l'accumulation de vastes quantités de résidus. Initialement, les déchets provenant des centres industriels et urbains ne semblaient pas poser de sérieux problèmes. Pendant la majeure partie du XIXe siècle, des déchets industriels ont été rejetés dans les voies navigables et cours d'eau, et se sont dilués et dispersés. Finalement, des problèmes sont apparus lorsque l'eau approvisionnant les villes a été contaminée par des effluents urbains et industriels. La menace que représentaient pour la santé publique les organismes pathogènes a incité certaines villes à prendre des mesures, qui pendant un certain temps ont paru résoudre ces problèmes.

En 1854, à Chicago, a éclaté une épidémie de choléra au cours de laquelle 5 % de la population a péri; en 1891, le taux de mortalité causé par la typhoïde avait atteint un chiffre record de 124 pour 100 000 habitants. Pour protéger des eaux résiduaires, cette ville a pu protéger le lac Michigan en détournant les eaux résiduaires du bassin vers la rivière Illinois et le fleuve Mississippi. À Hamilton, durant les années 1870, il n'était plus possible de puiser l'eau dans le port ou dans les puits de la localité, en raison de la pollution des eaux. On a alors construit une pompe à eau actionnée par la vapeur, pour puiser en profondeur l'eau du lac Ontario et l'acheminer dans toute la ville.

On n'a identifié que récemment un grand nombre des dangers de la pollution industrielle pour les Grands Lacs et pour la santé humaine et le bon état de l'environnement, en partie à cause du fait que ces dangers et leurs effets sont difficiles à déceler. Depuis quelques années, ceux-ci sont particulièrement manifestes dans les décharges industrielles anciennes d'où s'échappent des produits chimiques déversés il y a de nombreuses années, ou dans les sites où des sédiments contaminés par les activités industrielles durant un temps prolongé continuent à introduire des polluants dangereux dans les voies navigables et cours d'eau. Maintenant, la région doit se charger d'éliminer la contamination créée par les activités passées, alors que la base industrielle de l'économie régionale reste difficilement concurrentielle.

Routes et aeroports, piplines, chemins de fer, lignes et centrales electriques
Routes et aéroports,
pipelines,
chemins de fer,
lignes et centrales électriques

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L'exploitation des ressources des Grands Lacs a apporté richesses et bien-être aux résidents des villes des Grands Lacs, mais on commence seulement à comprendre toutes les conséquences de la concentration de l'industrie et des populations. Pour nettoyer la région des Grands Lacs, il faudra une participation financière et la coopération des États, des organismes provinciaux et fédéraux, des gouvernements locaux et de l'industrie. Grâce à cette collaboration et à la participation du public, les niveaux de pollution de l'écosystème des Grands Lacs ont fortement chuté depuis les années 1970. Cependant, comme bien des polluants ont tendance à persister dans l'environnement, il faut continuer d'assainir l'écosystème. À cette fin, on combine les mesures de prévention et de dépollution pour s'attaquer à la pollution dans les Grands Lacs.

 

 

 

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Études des niveaux, de la dérivation et de la consommation des eaux

La Commission mixte internationale (CMI) détient des responsabilités distinctes, en ce qui concerne l'étude du niveau et du débit des Grands Lacs d'une part et la qualité des eaux d'autre part. Les objectifs de qualité des eaux sont établis selon l'Entente sur la qualité de l'eau des Grands Lacs, mais les décisions sur le niveau et le débit des lacs sont formulées de façon à respecter les clauses du traité de 1909 sur les eaux limitrophes.

On peut contrôler de façon restreinte seulement le niveau et le débit de l'eau des lacs, et cela seulement dans le cas du lac Supérieur et du lac Ontario. Au moyen d'écluses et de barrages, on assure la régulation du débit aux endroits suivants: rivière St. Marys, Niagara Falls, et le débouché du St-Laurent. Des comités spéciaux d'experts conseillent la Commission conjointe internationale (CMI) sur la façon de respecter les clauses du traité. Les membres des commissions binationales de contrôle sont répartis de façon égale dans les organismes gouvernementaux de l'un et l'autre pays. Jusqu'en 1973, la CMI a assuré la surveillance du niveau et du débit des lacs pour la navigation et la production d'hydro-électricité. Depuis, la CMI s'efforce de trouver un compromis entre ces intérêts financiers et les coûts de la lutte contre l'érosion du littoral.

La CMI réalise plusieurs études spéciales sur les problèmes du niveau des lacs, en réponse à des questions soumises par les gouvernements, ou à des requêtes de ceux-ci. En 1964, époque à laquelle le niveau des lacs a été très bas, les gouvernements ont demandé à la CMI s'il était possible de maintenir l'eau de tous les Grands Lacs, y compris des lacs Michigan et Huron, à un niveau plus constant. Après une étude de neuf années, en 1973, époque à laquelle le niveau a été particulièrement élevé, la CMI a prévenu les gouvernements que le coût élevé d'un système de régulation plus poussé des eaux des lacs Michigan et Huron ne pouvait être justifié par les bénéfices que l'on pourrait en tirer. En 1983, on est parvenu à la même conclusion en ce qui concerne une régulation plus poussée des eaux du lac Érié.

Deux activités humaines, la dérivation et la consommation, ont des incidences sur le niveau des lacs, quoiqu'elles n'aient jusqu'ici eu qu'un effet plutôt faible. Par dérivation , on entend l'acheminement de l'eau d'un bassin-versant à un autre. La consommation représente la différence entre la quantité d'eau soustraite et la quantité d'eau rendue. La plus forte consommation d'eau du réseau des Grands Lacs est due à l'évaporation produite par les systèmes de refroidissement des centrales.

Actuellement, l'eau est détournée et amenée dans le réseau des Grands Lacs à partir du bassin-versant de la baie d'Hudson, à travers Long Lac et le lac Ogoki, et détournée des Grands Lacs à Chicago où l'eau est acheminée vers le bassin du Mississippi. Les dérivations sont presque également équilibrées, et ont eu peu d'effets à long terme sur le niveau des lacs.

Dans le rapport de 1982, la CMI a fait état des conclusions d'une étude des effets des dérivations actuelles touchant les Grands Lacs ainsi que de la consommation. Avant de réaliser cette étude, on n'avait pas considéré la consommation comme significative dans le réseau des Grands Lacs, étant donné que le volume d'eau de ce réseau est considérable. Dans cette étude, on a conclu que le climat et les variations climatiques influaient beaucoup plus sur le niveau des lacs que les dérivations existantes effectuées par l'être humain. Toutefois, on a conclu que si la consommation d'eau continuait à augmenter, le débit sortant du Saint-Laurent pourrait diminuer de jusqu'à 8 % d'ici l'année 2030.

Feuille d'information sur les Grands Lacs no 3a

Prélèvements d'eau

Feuille d'information sur les Grands Lacs no 3b

Consommation de l'eau
 

Comme le montre l'hydrogramme du chapitre deux, le niveau des lacs varie d'année en année et cela devrait demeurer ainsi. Après la période de haut niveau des lacs des années 1980, la CMI a entrepris une autre étude des niveaux et sur la faisabilité de les modifier au moyen de diverses méthodes. En 1993, on a conclu que les coûts associés à l'élaboration d'importants ouvrages de régularisation des niveaux et débits des Grands Lacs et du Saint-Laurent seraient supérieurs aux avantages procurés et que cela comporterait des incidences négatives pour l'environnement. On a plutôt recommandé l'élaboration de vastes programmes coordonnés pour l'exploitation des terres et la gestion du littoral de tout le bassin; ces programmes auraient pour but d'aider à atténuer les dégâts causés par les inondations et l'érosion.

 

 


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